Journal de Cercle, Lune de Mai
23/04/08 00:18 Filed in: cercles en
région
Je pars tôt dans l’après-midi, le cœur
léger, j’ai du temps devant moi…
C’est si bon de s’offrir une telle
parenthèse que je vois large, et que j’en
profite pour…prendre mon temps, choisissant de
cheminer sur les petites routes de campagne.
A Ascain, une impulsion, passer faire un bisou à ma mère, je vais rarement la voir à l’improviste, comme ça, pour rien…C’est un peu comme si je l’emmène avec moi à Espelette.
Sur le chemin, rythmé par la danse des essuie-glaces et le chant de l’eau, lancinant, tout autour, je me nourris du vert intense du monde végétal, salue les chênes, m’émeus des courbes et des creux, fais corps avec le paysage ; je suis déjà dans le Cercle, dans le « temps »du Cercle, il se dessine là, dans la voiture, et je passe en revue les messages que je porte pour mes sœurs, là-bas, sous la yourte…
Elle est là, assise dans la boue, sur la colline, adossée à un bois de chênes…Sophie et Seb s’activent, derniers réglages, calfeutrages, l’odeur du chanvre me happe…
L’hôtesse des lieux m’accueille, en véritable « etxeko-anderea » (maîtresse de maison), et fera aussi bien avec les femmes qui, une à une, passent le seuil, sourire quelque peu dégoulinant : ici, pas besoin de fumigation, ces dames sont « lessivées » par l’eau du ciel.
Musique, thés et tisanes, sauge odorante, frous-frous féminins et rires, ça y est, nous sommes huit, prêtes à fendre le rideau de l’espace-temps afin d’y installer notre bulle pour quelques heures…
L’une de nous montre son enthousiasme extrême en enfermant ses affaires et…ses clés à l’intérieur de la voiture pastedGraphic), ce qui lui vaudra de revenir sur ses pas jusqu’à la frontière, conduite par une autre, en quête du double des clés ; nous commençons sans elles, peu après, deux « externes »devant rentrer au milieu de la nuit…
Nous voici en cercle, confortablement installées sur les fauteuils-lits, éclairées à la bougie…Ambiance. Nous ouvrons cet espace sacré par une méditation de centrage et de reliance. Celles qui nous accompagnent par le cœur sont évoquées, nous avons toujours une pensée pour ces femmes qui n’ont pas pu se retirer des contraintes du quotidien, et sommes conscientes du privilège que représente notre présence en ces lieux…
Je propose que Sophie prenne le bâton de Parole, après un tour sur nos ressentis du moment, afin qu’elle nous présente le Rêve à l’origine de son projet et de la yourte ; ensuite nous partagerons sur la question : comment garder un axe au quotidien, comment rester sur son chemin de femme…Le thème est saisi au vol, les langues se délient, trucs et astuces, difficultés, expériences, la notion de « pratique » est largement discutée, où nous abordons les 4 accords toltèques, le Pouvoir au féminin, la Maîtrise de l’attention, les demandes faites à l’univers, les pauses nécessaires pour se recentrer sur nos projets…Chacune dira où elle en est, période de turbulences ou de confort, doutes, nouvelles forces contactées.
Les Biarrotes prennent congé aux abords de minuit, pause bienvenue pour les autres, on déplie les lits, on s’installe « à la Romaine » pour continuer…jusqu’au bout de la nuit ?
La pluie a cessé, la pleine lune à l’Est s’invite par la porte vitrée. Nos partages portent sur la langue basque, et la nécessaire écologie des langues pour conserver la biodiversité culturelle ; nos vécus se croisent, s’interrogent, notre rapport à l’espoir et à la confiance est confronté, nos peurs existentielles déposées ; notre relation au temps chronologique est éprouvé, le recentrage sur le Présent chaque instant réinventé est proposé comme allié contre la Peur…
Trois heures du matin, la yourte est à l’horizontale, les lits en étoile ; ouf ! Personne n’a souhaité tenter l’expérience proposée par Virginie de constituer des quarts tournants toutes les heures, afin de mêler rêve et réalité…Certaines partent tôt le matin, d’ailleurs nous ne les entendrons pas, ha ! La discrétion toute féminine que voilà ! La journée s’annonce belle et bleue, petit-déj à trois, je reste avec Sophie une heure de plus redonner sage forme à notre abri de la nuit. Depuis nos voitures, le spectacle d’un vol de 50 vautours fauves comme surgis de la montagne se déploie en volutes au-dessus de la Yourte…
Puis le Cercle se défait. Mercredi 2 mai 2007
Xole
A Ascain, une impulsion, passer faire un bisou à ma mère, je vais rarement la voir à l’improviste, comme ça, pour rien…C’est un peu comme si je l’emmène avec moi à Espelette.
Sur le chemin, rythmé par la danse des essuie-glaces et le chant de l’eau, lancinant, tout autour, je me nourris du vert intense du monde végétal, salue les chênes, m’émeus des courbes et des creux, fais corps avec le paysage ; je suis déjà dans le Cercle, dans le « temps »du Cercle, il se dessine là, dans la voiture, et je passe en revue les messages que je porte pour mes sœurs, là-bas, sous la yourte…
Elle est là, assise dans la boue, sur la colline, adossée à un bois de chênes…Sophie et Seb s’activent, derniers réglages, calfeutrages, l’odeur du chanvre me happe…
L’hôtesse des lieux m’accueille, en véritable « etxeko-anderea » (maîtresse de maison), et fera aussi bien avec les femmes qui, une à une, passent le seuil, sourire quelque peu dégoulinant : ici, pas besoin de fumigation, ces dames sont « lessivées » par l’eau du ciel.
Musique, thés et tisanes, sauge odorante, frous-frous féminins et rires, ça y est, nous sommes huit, prêtes à fendre le rideau de l’espace-temps afin d’y installer notre bulle pour quelques heures…
L’une de nous montre son enthousiasme extrême en enfermant ses affaires et…ses clés à l’intérieur de la voiture pastedGraphic), ce qui lui vaudra de revenir sur ses pas jusqu’à la frontière, conduite par une autre, en quête du double des clés ; nous commençons sans elles, peu après, deux « externes »devant rentrer au milieu de la nuit…
Nous voici en cercle, confortablement installées sur les fauteuils-lits, éclairées à la bougie…Ambiance. Nous ouvrons cet espace sacré par une méditation de centrage et de reliance. Celles qui nous accompagnent par le cœur sont évoquées, nous avons toujours une pensée pour ces femmes qui n’ont pas pu se retirer des contraintes du quotidien, et sommes conscientes du privilège que représente notre présence en ces lieux…
Je propose que Sophie prenne le bâton de Parole, après un tour sur nos ressentis du moment, afin qu’elle nous présente le Rêve à l’origine de son projet et de la yourte ; ensuite nous partagerons sur la question : comment garder un axe au quotidien, comment rester sur son chemin de femme…Le thème est saisi au vol, les langues se délient, trucs et astuces, difficultés, expériences, la notion de « pratique » est largement discutée, où nous abordons les 4 accords toltèques, le Pouvoir au féminin, la Maîtrise de l’attention, les demandes faites à l’univers, les pauses nécessaires pour se recentrer sur nos projets…Chacune dira où elle en est, période de turbulences ou de confort, doutes, nouvelles forces contactées.
Les Biarrotes prennent congé aux abords de minuit, pause bienvenue pour les autres, on déplie les lits, on s’installe « à la Romaine » pour continuer…jusqu’au bout de la nuit ?
La pluie a cessé, la pleine lune à l’Est s’invite par la porte vitrée. Nos partages portent sur la langue basque, et la nécessaire écologie des langues pour conserver la biodiversité culturelle ; nos vécus se croisent, s’interrogent, notre rapport à l’espoir et à la confiance est confronté, nos peurs existentielles déposées ; notre relation au temps chronologique est éprouvé, le recentrage sur le Présent chaque instant réinventé est proposé comme allié contre la Peur…
Trois heures du matin, la yourte est à l’horizontale, les lits en étoile ; ouf ! Personne n’a souhaité tenter l’expérience proposée par Virginie de constituer des quarts tournants toutes les heures, afin de mêler rêve et réalité…Certaines partent tôt le matin, d’ailleurs nous ne les entendrons pas, ha ! La discrétion toute féminine que voilà ! La journée s’annonce belle et bleue, petit-déj à trois, je reste avec Sophie une heure de plus redonner sage forme à notre abri de la nuit. Depuis nos voitures, le spectacle d’un vol de 50 vautours fauves comme surgis de la montagne se déploie en volutes au-dessus de la Yourte…
Puis le Cercle se défait. Mercredi 2 mai 2007
Xole