Le principe d’acceptation de sa vulnérabilité

« Les principes du féminin sont innombrables : ‘l’intériorité, la profondeur, la douceur, la lenteur, la spiritualité, la confiance, l’optimisme, le lâcher-prise, l’intuition et même, au risque de vous choquer… la soumission »1.
Mais commençons par le commencement : le premier pas à faire est celui d’accepter la passivité. Nous femmes aujourd’hui, faisons, au travail, à la maison, entre amis, …nous faisons. Accepter de s'arrêter, d'intérioriser, de prendre le temps de laisser venir nos ressentis nous aidera à émerger de cette impulsivité qui nous conduit souvent à heurter l’autre « sans avoir voulu le contrarier », à nous déstabiliser nous-mêmes. Nous retrouverons cette même attitude au niveau de la parole. Choisir de ne pas répliquer, face à l’agression, c’est renvoyer à l’autre le miroir de sa propre agressivité. Comme nous l’avons vu dans les accords toltèques, ne pas répondre à l’agression, et cela demande en fait beaucoup d’énergie, c’est se conforter dans sa propre sérénité ! Nous sommes là sur un des premiers principes fondamentaux, qui peuvent nous conduire à générer des relations pacifistes, en tous cas moins guerrières. Au cœur d’un cercle de femmes, ce temps d’arrêt nous permettra de rentrer plus confortablement dans le groupe, de l’observer, de l’appréhender, d’y trouver notre place. On pourrait dire que la femme parle parcequ'elle se sent consciemment ou inconsciemment vulnérable. Mais elle ne peut, elle n’ose pas afficher cette vulnérabilité. Et si sa vulnérabilité physique est évidente par rapport à la force masculine, l’autre, la vulnérabilité intérieure existe aussi, tributaire d’un environnement qui n’est pas toujours favorable. On peut cependant observer que « de reconnaître ses limites, de se connecter à la réalité, de la voir telle qu’elle est, cela nous donne de la force. Nous pouvons nous appuyer sur notre vulnérabilité, chercher appui et soutien autour de nous et savoir que c’est légitime »2. Et c’est parce que nous affichons avec humilité cette vulnérabilité, que nous créons un espace de négociations possible, où l’esprit de supériorité et donc de recherche de domination de l’autre, disparaît. Oser la vulnérabilité, c’est démontrer la force qui est en soi, celle qui ne se soumet pas à la peur.

1: V SIMARD-COLIN
2: V SIMARD-COLIN